Manic GT, l’unique Québécoise
Comment dénommer une nouvelle marque automobile ? Quel serait le nom parfait pour une voiture originaire du Québec ? Ce n’est pas un exercice facile. Celui-ci doit résonner, représenter quelque chose. Il doit attirer l’attention et les gens doivent comprendre son sens. Suite à l’analyse de notre époque, il sera possible de bien désigner un nom d’actualité et évocateur. Alors, quel serait celui que vous choisiriez !?
Pour une marque naissante à la fin des années 60, en une période où tout semblait réalisable et dans laquelle le Québec connaissait un boom économique, un nom pouvait incarner à la perfection une nouvelle marque automobile native. Manic était le choix par excellence ! Le Québec démontrait à toute la planète son savoir-faire avec la construction d’imposant barrage hydro-électrique et la Manic en faisait partie.
Si la Manic GT ne fut qu’éphémère, son histoire est à tout jamais marquée dans les annales de l’automobile canadienne. Celle-ci est certainement l’une des plus intéressantes à découvrir quand l’on sait à quel point l’entreprise Automobiles Manic était partie pour la gloire et destinée à un brillant avenir. Le nouveau constructeur avait tout pour réussir. Des investisseurs sérieux, une usine avec une capacité de production plus que satisfaisante, une visibilité surprenante. Tout y était.
Si Jacques About refusa l’offre de Bombardier de s’installer dans leur installation par crainte d’être avalé par la compagnie, il avait bien confiance de pouvoir concrétiser l’avenir de la marque dans cette nouvelle usine située à Granby. La Manic GT bénéficiait d’une belle popularité et se vendait bien. Tout portait à croire que le Québec pouvait se démarquer enfin dans l’imposant monde automobile. Ce n’est pas que le nom qui désignait à merveille le petit coupé sport. Le design le faisait tout aussi bien avec son avant européen et son arrière américain. Un mixte qu’assume également le Québec lui-même.
La raison pour laquelle l’aventure se termina après quelques mois dans la nouvelle manufacture et plus ou moins 152 voitures fabriquées est simple. La dépendance presque totale à Renault pour les pièces… Incapable de livrer la marchandise, la firme française ne respectait pas la jeune pousse québécoise à la hauteur de ses aspirations. En mai 1971, Jacques About met la clef dans la porte. Ce n’est pas une faillite, mais bel et bien une décision d’affaires (l’honnête homme remboursera toutes ses factures dans les années suivantes).
Impossible donc de tenir une cadence convenable et ordonnée avec des voitures incomplètes en attente de boulons ou autres pièces cruciales. La priorité étant la satisfaction de la clientèle, Automobiles Manic ne pouvait poursuivre d’une telle façon. Dommage que Renault ne fût pas un partenaire d’affaires plus sérieux, car le marché américain avait un œil sur la Manic GT. Tellement qu’un contrat de 1000 voitures fut octroyé quelques jours seulement après l’arrêt de la chaine de montage.
Heureusement, près de 55 ans plus tard, quelques loyaux gardiens du plus que précieux patrimoine automobile québécois et même planétaire s’occupent aux petits soins de la quinzaine à la trentaine d’exemplaires survivantes de cette superbe épopée. Merci à vous et longue vie à ces rescapées fortement symboliques !

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