Brooks Steam, arnaque ou mésaventure ?

 

        Au début du 20e siècle, l’automobile est passée rapidement d’une bébitte étrange à un symbole de liberté et d’un outil indispensable pour le commun des mortels. Avant la grande dépression de 1929, l’industrie automobile était toujours une pouponnière de nouvelles marques. Si en 1900 toute la manufacture était plutôt artisanale, à peine une dizaine d’années plus tard la chaine de montage et la production de série devenaient la norme.

Au tournant de la Première Guerre mondiale, le Canada était un acteur de haut niveau dans ce nouveau vaste monde. Plusieurs marques canadiennes existaient avant la domination totale des Américains qui se préparaient à changer le portrait de cette industrie.

De ces nombreux constructeurs, quelques-uns ne furent que de passage. Malgré cette brève existence, certains ont marqué l’histoire. Pour de bonnes et de moins bonnes raisons… L’une d’elles est la Brooks Steam Motors Limited. Propriété d’un américain, Olan J. Brooks, l’entreprise canadienne et son usine située à Stratford en Ontario marqueront l’histoire pour deux raisons.


           La première provient du type de motorisation choisi pour propulser cette nouvelle voiture. Bien que la voiture à vapeur fût l’une des énergies les plus populaires au début de l’automobile, en 1925, celle-ci était sur ses derniers milles. La vapeur étant dépassée sur tous les points par l’essence. Même si cette motorisation avait connu des perfectionnements notables dans les années précédentes, son déclin constant était très proche de la disparition totale.

          Tout cela n’empêcha pas certains irréductibles de croire encore en cette technologie dépassée. Olan J Brooks était l’un d’eux. C’était alors l’une des seules voitures construites au Canada possédant cette motorisation. Elle faisait face à des rivales américaines comme la Stanley Steamer (en phase terminale) ou encore la Doble Steam, beaucoup plus sophistiquée. C’étaient les derniers tours de roues de la voiture à vapeur, apparue 50 ans auparavant.

L’autre raison pourquoi la Brooks Steam Motors fit parler d’elle énormément est le fait qu’Olan J.Brooks avait possiblement comme objectif de s’enrichir plus que de fabriqués des voitures. Après avoir mené des campagnes publicitaires ayant généré beaucoup d’argent, la production était loin des attentes et de ce que Olan avait promis.


         Encore aujourd’hui le débat demeure à savoir si tout cela était vraiment une arnaque ou une aventure honnête s'étant mal terminé. On peut laisser le bénéfice du doute à Brooks comme quoi il désirait vraiment mener à bien ses projets et que la situation économique de l’époque l’en empêcha…

La bonne autonomie et la grande puissance produite par la vapeur ne suffisaient pas à combler ses défauts comme la complexité de démarrage et de fonctionnement. Plus d’une vingtaine d’étapes et 30 minutes étaient nécessaires avant de pouvoir se lancer sur la route avec une Brooks Steam. Tout cela pour un prix très élevé à l’époque, soit tout près de 4000 $.   

C’est donc après la fabrication d’environ 180 voitures et quelques autobus à vapeur que la compagnie fut dissoute et liquidée en 1931, peu de temps après la grande dépression. Malgré le faible nombre d’exemplaires produits, quelques-unes on survécut aux affres du temps. Présentement il y aurait encore huit Brooks Steam connues existantes. De ce nombre, la moitié appartiennent à des musées, dont celui d’Oshawa.




 

 

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