La Corvette est un authentique roadster 2
portes, 2 places à moteur avant et propulsion munie d’une carrosserie plastique
renforcie à la fibre de verre. Elle contient en fait 46 pièces, faciles à
réparer. Il y a 9 pièces majeures, dont la plus grosse est le plancher et ensuite
le haut du devant de la carrosserie. C’est la Mopar Fiber Glass Company, à
Ashtabula, en Ohio, qui fabrique et envoie les pièces à Flint au Michigan, qui
sont ensuite assemblées et collées. C’est d’ailleurs là, à Flint, que la
Corvette est confectionnée. Le premier exemplaire est sorti le 30 juin 1953,
soit seulement 6 mois après son dévoilement public au Motorama show. D’ailleurs
les deux premiers exemplaires ont été utilisés comme « test cars » et
détruits. Le produit final est cette magnifique voiture sport qui fait 167 pouces
(4,24 m) de long, avec un empattement de 102 pouces (2,59 m), une largeur de 72,2
pouces (1,83 m) et un poids de 1227kg
Partons à la découverte de cette très jolie voiture sport en
faisant un tour de l’extérieur. Toutes les Corvette sont de couleur ``Polo
White`` équipée d’un toit souple en toile de couleur ``Jet Black``. Le petit
convertible a une touche moderne et sportive avec sa calandre chromée en gueule
de requin et ses dents menaçantes au total de 13 ainsi que des phares profilés
et un pare-brise panoramique. C’est un poids léger avec une ligne simple et
épurée muni d’une silhouette étincelante.

À l’avant on dénote les cages de type rallye recouvrant les lumières,
servant à protéger celles-ci des projections de roches. Ensuite la calandre et le
pare-chocs chromé en 3 parties, sous les phares, qui a une continuité sur le
côté de la voiture de par une bande chromée latérale se poursuivant jusqu’à
l’arrière pour rejoindre là aussi le pare-chocs (plus décoratif qu’utile) en 3
parties, séparées par deux embouts d’échappement, tout aussi chromés. Toujours
à l’arrière, on retrouve des lumières en forme de missile, qui consolident la
thématique du design de marine et d’aviation.

Devant les portes, au-dessus de cette
ligne chromée, on y voit l’inscription Chevrolet à côté d’un design ressemblant
à un petit aileron, chromé aussi. Le miroir extérieur côté chauffeur (le seul
d’ailleurs), les essuie-glaces, les sorties du lave-glace ainsi que tout le tour
du cockpit complète la thématique du chrome. Un pare-brise panoramique avec une
inclinaison de 53 degrés apporte une touche de modernité. Pour couronner le tout, on retrouve le logo spécifique
de la Corvette, qui trône au centre à l’avant, au-dessus de la calandre.
Celui-ci est constitué de deux drapeaux, un à damier, l’autre contenant le logo
Chevrolet et une fleur de lys, avec l’inscription Chevrolet en dessous et
l’inscription Corvette au-dessus.

Les
roues rouges, surmontées de pneus Firestone Deluxe Champion et cachées par les
enjoliveurs chromés avec un centre constitué d’ailettes de chaque côté du logo Chevrolet,
étaient en fait le troisième type d’enjoliveur utilisé sur la Corvette. Les premiers exemplaires sortis de la chaîne de
montage, précisément les vingt-cinq premiers, venaient avec ceux de forme lisse
(comme ceux que Chevrolet utilisait sur la Bel-Air) qu’on a ensuite remplacée
par ceux à ailettes, qui seulement pour quelques exemplaires avaient celles-ci
perpendiculaires au logo Chevrolet pour en arriver finalement ensuite aux
ailettes parallèles au logo. C’est en fait la seule composante qui a changé,
sinon toutes les Corvettes de 1953 sont identiques, mis à part que les tout premiers
exemplaires n’avaient pas de miroir extérieur du côté conducteur.

Maintenant voyons voir comment fonctionne le
toit souple. On doit d’abord
détacher le toit de sur le dessus du pare-brise et du dessus du compartiment derrière
les sièges où il se range. Ensuite on le repli au centre, on ouvre son coffre en
appuyant sur le bouton situé sur la partie appelée chute d’eau, entre les deux
sièges, et on le replie à l’intérieur de son compartiment. Manœuvre d’à peine
une minute! Tout aussi facile d’enlever les fenêtres pour profiter au maximum
de l’air extérieur.

Même ouvrir les portes demande une procédure spéciale puisqu’ils n’ont
pas de poignée extérieure. Alors pour accéder à l’intérieur on doit d’abord
ouvrir la fenêtre en tournant la partie avant pivotante en triangle de celle-ci et en appuyant sur le petit bouton qui lui permet justement de pivoter. Ensuite il
suffit d’atteindre la poignée à l’intérieur pour ouvrir la porte. Une fois la
porte ouverte, pour enlever la fenêtre, on doit desserrer l’écrou présent sur
le bas de celle-ci et tirer sur la poignée qui est identique à celle qui ouvre
la porte, mais qui est situé plus à l’arrière. Ne reste qu’à soulever la
fenêtre pour sortir les 2 pattes se trouvant dans les cavités de la porte. Pour compléter l’opération et disposer des fenêtres, on
débarre la valise par le barillet sous le pare-chocs arrière et on insère les fenêtres en plastique translucide dans
leurs étuis en vinyle noir.


Fait intéressant à noter, l’antenne de radio est
un câble qui entre dans le couvercle de la valise et se rend jusqu’au
compartiment pour la plaque d’immatriculation. Le contour de celle-ci en acier
sert d’antenne ! La plaque quant à elle est située derrière un Plexiglas et
éclairée par deux petites lumières. (Un Plexiglas comme on souhaitait utiliser
aussi pour recouvrir les lumières avant pour finalement y aller pour les
grilles)
Intérieur
À l’intérieur, un ensemble unique d’une
seule couleur nommé ``Sportsman Red``. D’abord on a les très beaux sièges
skaï rouge, composé d’une texture uniforme imitant le cuir granulé. (Cuir
artificiel) Celui du conducteur est réglable d’avant en arrière. Ce sont de
beaux sièges baquets qui délimitent le conducteur du passager. L’intérieur du
cockpit est très original avec son tapis rouge ainsi que tout le reste d’un
``Sportsman Red`` qui contraste bien avec la roue du volant blanche et le devant
du tableau de bord également blanc et qui se poursuit dans les portes. Le
volant est à deux branches et possède un demi-anneau servant d’avertisseur
sonore.

Il y a aussi le petit levier de vitesse
situé au plancher tout juste à côté du siège conducteur. Sur le tableau de bord s’alignent toutes les
commandes. D’abord, à gauche du volant, se trouvent le bouton des lumières et celui
des essuie-glaces et lave-vitres. (S’actionne en appuyant) Ensuite, à droite du
volant, on retrouve le
commutateur pour démarrer ainsi que les cadrans indicateurs s’alignant, de
gauche à droite, comme suit : niveau d’essence, température, tachymètre
gradué jusqu’à 5000 rpm et contenant un compteur de révolutions moteur, le voltmètre
de la batterie, la pression d’huile et en
terminant, une horloge.

Un étage plus
haut, toujours à droite du volant, on trouve les commandes de la chaufferette
(options 101A à 91,40$), l’étrangleur moteur pour les démarrages à froid, le
volume de la radio, la radio elle-même (option 102A à 145,15$), le sélecteur de
la radio et l’allume-cigarette. Le compteur de vitesse devant le conducteur est
gradué jusqu’à 140 milles à l’heure, et juste en dessous, on retrouve une
lumière rouge qui a pour fonction d’avertir le conducteur que le frein à main est
activé.
Celui-ci d’ailleurs s’actionne en tirant
un levier sous le tableau de bord. Devant le passager se trouve le speaker de
la radio, avec le logo Chevrolet en son centre, qui reprend le style du
compteur de vitesse, tout en harmonie, et qui rappelle la touche ``jet-style``
servant de thématique pour ce splendide intérieur. Au centre du volant revenait
aussi le logo Chevrolet, et sur le tableau de bord était installé le petit
rétroviseur chromé.
Tout ça donc avec le blanc et le rouge qui
contraste parfaitement donne un effet visuel des plus réussi, même si
l’ergonomie n’est pas optimale, comme dans le cas des cadrans au centre, le
compte-tour en particulier, peu pratique pour le conducteur…
Pour la climatisation (naturelle), un
levier blanc sous les cadrans du niveau d’essence et de température permet d’ouvrir
la trappe sur le capot de la voiture permettant ainsi à l’air de pénétrer dans
l’habitacle. Elle a trois niveaux (trois coches) pour trois intensités. La
trappe sur le capot possède un ``moustiquaire `` empêchant les insectes
d’entrer. Pour changer les feux de route sur ceux de croisement, on actionne
avec le pied le fameux bouton situé au fond du cockpit sur le plancher.

Toujours à l’intérieur, la fonctionnalité
des portes est appréciée puisque sous leur accoudoir relevable, on retrouve un
espace de rangement très pratique. Et devant l’accoudoir, un cendrier. (Même
chose côté passager). Comme vu auparavant, il y a deux poignées à l’intérieur
de la portière, avec celle d’en avant qui permet d’ouvrir la porte et celle
d’en arrière de libérer la fenêtre. Aussi entre les deux, une poignée moulée a
comme rôle d’aider à refermer la porte par l’intérieur en tirant celle-ci vers
soi. À noter qu’une fois la porte ouverte, on peut apercevoir le numéro de
série sur la carrosserie, entre la porte et le tableau de bord. L’habitacle est
aussi pourvu de deux lumières de courtoisie.
Pour terminer le tour d’horizon de l’intérieur, voyons comment ouvrir le
capot… La méthode peu pratique des
modèles de 1953 consiste à tirer non pas une, mais deux poignées, situées sous
le tableau de bord, une côté passager et l’autre côté conducteur. Le tout fut
corrigé rapidement pour l’année postérieure.... Dans la valise, pouvant
contenir jusqu’à 634 litres, se trouve la poignée du cric et le cric lui-même,
ainsi que la roue de secours caché sous un plancher de bois recouvert d’un
tapis rouge, dans une valise, elle aussi finit d’une moquette rouge.
Mécanique

Voyons voir maintenant ce que la Chevrolet Corvette 1953 a à offrir d'un point
de vue mécanique. Le moteur est un six cylindres en ligne de 235pc (3,8 litres)
donnant 150 chevaux et 223 livres-pied de couple à 2400 tours minute. Il s’agit
en fait du « Blue-Flame », moteur qui est issu de l’ancien ``Stovebolt
Six`` 7,5 de Chevrolet de 105 chevaux et préparé spécialement pour la Corvette avec
quelques modifications. Son simple arbre à cames en tête lui donne un taux de
compression de 8 à 1. Ensuite 3 carburateurs 1 baril, 2 soupapes par cylindre,
une induction spéciale des ressorts de valves et un collecteur d’admission en
aluminium complète le tout. Le moteur ne passe pas inaperçu avec sa belle
couleur bleue et l’inscription ``Spécial`` sur le côté gauche du couvert de
valve et l’inscription ``Blue-Flame`` du côté droit. À droite de ce couvert se
trouvait le contenant d’antigel chromé et à droite du compartiment moteur d’un
genre de pot Mason qui fait office de réservoir pour le liquide de lave-vitres.
Derrière lui est placée la batterie 6 volts.
Pour le reste on a droit à une
transmission automatique « powerglide » deux vitesses, des freins à
tambour de onze pouces, un double échappement, un ratio de différentiel de 3,55
à 1 et des roues de 15 x 5. Toute cette belle mécanique et le réservoir
d’essence de 18 litres sont rattachés au châssis en acier, composé de longerons
qui se relient au centre en « X ». Du côté de la suspension, les amortisseurs
arrière à lame, les absorbeurs de chocs tubulaires en avant et en arrière et une
barre stabilisatrice avant, résultent en une petite voiture sport très agile
avec un confort bien apprécié ! Beaucoup de plaisir assuré pour la conduite !

La performance est très respectable, même si certains diront que son 6
cylindres et sa transmission automatique peuvent faire douter de son titre de
pure sportive… Ce sont de mauvaises langues! Le petit roadster sport de
Chevrolet mérite son statut même si ses performances brutes ne sont pas à
couper le souffle… On parle d’un 0 à 60
milles à l’heure en onze secondes et le quart de mille en dix-huit secondes à
soixante-dix-sept milles à l’heure. La vitesse de pointe quant à elle est
d’environ 168 km/h.
Conclusion
Donc comme on peut constater, la Corvette de 1953 n’offre pas de choix
quelconque à l’acheteur qui doit se contenter de l’unique couleur extérieur et
intérieur. Et même si l’acheteur aurait pu théoriquement opter pour deux
options, soit celle du chauffage et de la radio, toutes les Corvette en seront
finalement équipées… Le coût total à l’époque était donc de 3490$, ce qui n’était
vraiment pas donné dans ces belles années. Les ventes sont difficiles en cette
première année-modèle, avec environ seulement 53 exemplaires vendus en
septembre, et seulement 180 à la fin de l’année. Ce qu’il faut savoir
cependant, c’est que cette première Corvette, produite à seulement 300
exemplaires, est réservée à des « VIP ». Elles ne sont pas vendues au
public et la General Motors ne fait que la prêter pendant quelques jours aux
concessionnaires pour en faire la publicité. Dans les années suivantes, la
gamme s’élargira rapidement avec beaucoup plus de choix de couleurs et de
motorisations. La future légende et grande sportive de Chevrolet aura besoin de
quelques années pour atteindre sa notoriété et devenir une sommité dans son
créneau. La Corvette 1953 représente de nos jours un objet de collection très
convoité. Il en resterait autour de 200 exemplaires, avec une valeur moyenne
d’environ 230 000 dollars US, dépendamment, bien sûr, de la condition.

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