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L’Italie... et Fiat
D’un point de vue canadien ou américain, il est difficile de savoir à quel point Fiat est une des marques les plus importantes dans le monde! Si sa présence et son succès sont modestes en Amérique, il en est tout autre ailleurs dans le monde. Et cela depuis plus d’un siècle. La marque italienne fondée en 1899 par Giovanni Agnelli a non seulement démocratisé la voiture pour l’Italie, mais elle l’a fait pour une grande partie de l’Europe! Il est fascinant de constater à quel point celle-ci a eu une grande incidence dans l’histoire de l’automobile. À partir des années 30, avec la 508, Fiat permettra vraiment à tout un chacun d’avoir les moyens de se procurer une voiture. Avec la Fiat 500 qui a suivi, l’effet se dispersera dans plusieurs autres nations.
Fiat avait aussi profité du succès de sa Topolino pour intégrer le marché français en créant la marque Simca en 1936. En ayant une marque implantée directement sur le marché français, Fiat bénéficiait de l’exemption de taxes d’importations et de droits de douane. Même si Fiat ne démocratisera pas autant la voiture en France qu’en Italie, avec les puissants manufacturiers français déjà bien prospères, la Simca 500 connaitra un beau succès. En Allemagne la marque Fiat-NSU a aussi été créée. En Espagne cependant, la marque italienne viendra vraiment tout bouleverser. La marque espagnole Seat signera un accord des droits de licences des modèles Fiat sur son territoire. Les voitures arrivaient de Turin par la mer, livrées en CKD (complete knock down), c’est-à-dire des kits complets, que l’usine de Barcelone assemblera pour les commercialiser sous le label Seat dès 1953. La 1400 fut la première suivi par la 600 en 1957, successeuse de la 500 Topolino deux ans auparavant. L’Espagne verra alors ces habitants avoir la chance de se procurer une voiture abordable! Seat sera la marque par excellence dans son pays et demeure toujours aujourd’hui parmi les plus populaires. Elle développe ses propres modèles depuis 1987 et fait maintenant partie du groupe Volkswagen et partageant certaines plates-formes avec Skoda.
Ça sera ensuite le tour de l’Autriche de se propulser sur le marché automobile grâce à la division Puch de sa marque nationale Steyr qui utilisera la 500 rebadgé dès 1957. La même année Fiat intégra le marché de l’Inde, mais cette fois-ci se buta à la marque indienne très populaire Hindustan Ambassador, qui offrait sous licence l’Anglaise Morris Oxford. S’ensuivit la domination totale du constructeur national Maruti… Mais Fiat n’avait pas terminé d’envahir l’Europe. Même la Russie et la Yougoslavie, au début des années 60, ont produit es Fiat 600 sous licence. L’appel d’offres réalisé la décennie précédente a été remporté par Fiat, devant Renault, Austin et Rover entre autres. Il faut savoir qu’à l’époque, les gouvernements des différents pays lançaient ces appels d’offres à plusieurs marques pour démarrer leur propre industrie automobile en produisant des voitures étrangères sous licence. C’était le meilleur moyen pour se lancer et démocratiser l’automobile. Comme nous l’avons vu précédemment avec l’Espagne. Et il se trouve que Fiat excellait dans l’art de remporter ses contrats et ainsi s’étendre sur tout le territoire. En Russie (U.R.S.S.) ce fut la VAZ 2101, dérivé de la Fiat 124, plus connu ensuite comme la Lada Jagouli, qui permettra à cette marque russe de dominer le marché.
La Yougoslavie doit son industrie locale aussi à Fiat. La 1400, la 1100 et la 600 se succèderont à la fin des années 50 et début 60 sous la marque locale Zastava. Plus tard apparaitra la Yugo sur base de Fiat 127. D’ailleurs la Yugo connaitra une aventure rocambolesque en Amérique, une autre histoire incroyable… Il faut savoir aussi qu’en 1966, le retour de la famille fondatrice marqua Fiat. Le petit-fils de Giovanni Agnelli, Gianni Agnelli, reprit les rênes de l’entreprise. Fiat multipliait leurs usines partout dans le monde; Afrique du Sud, Turquie, Yougoslavie, Argentine, Mexique, etc. Fiat connu une forte expansion lors de cette époque.
La machine de Fiat ne s’arrêtait pas à conquérir des pays. La marque italienne va acquérir plusieurs autres marques au cours des décennies. Alfa Roméo, Innocenti, Autobianchi, Lancia et même Ferrari. En effet, Fiat avait une participation majoritaire dans Ferrari, jusqu'au début des années 2010. Fiat racheta Chrysler (avec Jeep, Dodge et Ram) en 2014. L’année suivante, Fiat Chrysler Automobiles (FCA), la société résultant de la fusion entre Fiat et Chrysler, a décidé de scinder Ferrari en une entreprise distincte et de mettre une partie de ses actions en bourse. Cette décision visait à valoriser Ferrari en tant que marque à part entière et permettre à FCA de se concentrer sur le groupe. Exor, la société d'investissement de la famille Agnelli, est restée l'actionnaire principal de Ferrari après cette scission. Ensuite arriva l’unification avec le groupe PSA qui comprenait les marques Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel et Vauxhall, pour former Stellantis.
L’Italie, merveilleux pays, fier de son industrie automobile, est toujours un joueur clef dans le monde automobile. Si les Lamborghini, Ferrari, Pagani et Maserati font rêver, Alfa Roméo et Lancia possèdent une offre accessible tandis que Fiat demeure le constructeur par excellence! Même si l’industrie n’est plus dans le top 5 mondial, son historique, son héritage et son image demeurent très certainement dans les plus grands ! Le nouveau défi du gouvernement italien et son industrie automobile sera de maintenir un niveau de compétitivité tel qu’ils le font depuis toujours. Avec la fusion et la création de Stellantis, la France semble maintenant prioritaire sur l’Italie dans le groupe selon les observations du gouvernement. Les usines du pays en souffrent déjà et pour la première fois depuis plus d’un siècle, Fiat a été surpassé au premier rang des ventes en Italie par Volkswagen. Les prochaines années s’annoncent donc crucial pour les marques italiennes. Surtout avec la transition énergétique où l’on pourrait voir tout être bouleverser…



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