La première lignée


Lamborghini 350 GT

Après avoir présenté son prototype 350 GTV (grand tourer veloce= grand tourisme rapide), il était venu le temps pour Lamborghini d'offrir sa première voiture de série; la Lamborghini 350 GT. Dérivé du prototype, son design est la création de Carrozzeria Touring, un carrossier d'Italie...Elle sera construite à seulement 120 exemplaires au total pour les années modèles 1964, 1965, 1966 et 1967. Le même carrossier fabriqua deux versions décapotables appelées 350 GTS (pour spyder) mais finalement celles-ci ne seront pas produites en série. Fait à  noter aussi que le carrossier Zagato fera un exercice de style sur base de 350 GT. Les deux modèles fabriqués sont dénommés 3500 GTZ (pour Zagato) et resteront eux aussi au stade de prototypes. Donc 120 exemplaires pour les 350GT de série c'est peu, mais déjà suffisant pour que la marque Lamborghini acquière la notoriété de construire de grandes sportives de haut niveau. En effet la 350 GT (pour Grand Tourer) est équipé d'un moteur V12 de 3,5 litres (d'où la dénomination de "350") livrant pas moins de 275 chevaux. Une boite de vitesses à 5 rapports transmet la puissance aux roues. Quelques Lamborghini 350 GT auront été pourvus du nouveau moteur 4,0 litres, qui d'ailleurs, fera naitre son modèle successeur…


Lamborghini 400 GT "Interim"

     En 1965, Lamborghini produit en petite quantité depuis deux ans sa première voiture, la 350 GT. En modifiant le moteur de cette dernière pour porter sa cylindrée à 4,0 litres, la 400 GT est né ! La 400 GT était donc la même voiture que la 350 GT, avec un moteur de plus grosse cylindrée (toujours le V12) et plus puissant (320 ch au lieu de 270 ch). Si la 350 GT a été produit à vraiment très peu d'exemplaires au cours de ces 4 années modèles (1964 à 1967), la 400 GT a été encore beaucoup plus exclusif avec seulement 2 années modèles (1966 et 1967) et seulement 23 exemplaires produits (dont 3 à carrosserie aluminium). Un prototype unique verra le jour (400 GT Monza) fabriqué par Neri & Bonacini, connu aussi pour leur participation au prototype originale de la 350 GT (350 GTV). La 400 GT était donc le modèle "intérim" faisant le pont entre la première Lamboghini, la 350 GT et la nouvelle 400 GT 2+2 qui reprendra le moteur V12 de 4 litres de la 400 GT mais qui se verra complètement nouvelle ! La lignée des voitures "Grand Tourisme" à moteur avant V12 de Lamborghini se poursuit ...


Lamborghini 400 GT 2+2

La première lignée de voiture Grand Tourisme à propulsion et moteur avant de Lamborghini se poursuit avec la 400 GT 2+2. Cette nouvelle venue, qui prenait le relais de la 350 GT et 400 GT « Interim », avait la particularité d'accueillir deux sièges de plus. En effet, s’il était possible auparavant de choisir pour un troisième siège en option (très rare option), la dernière mouture de Lamborghini était plutôt pourvue de série de deux sièges situés à l'arrière au lieu de ce dit troisième siège central optionnel ou de l'espace de rangement habituel. Ce pourquoi l'ajout du 2+2 dans le nom... Bien sûr ces deux places supplémentaires n'étaient vraiment pas faites pour des adultes, offrant très peu de dégagement pour les jambes. Point de vue mécanique, la 400GT 2+2 était toujours munie du fameux V12 de 4,0 litres (pour 400) mais reçoit une nouvelle transmission. Elle conserve le même empattement tandis que sa longueur hors tout est augmentée un peu et sa ligne de toit ainsi que sa lunette arrière sont quelque peu retravaillées. Les lumières avant sont différentes de celle de la 350GT, donc facilement distinguables. La nouvelle venue est présentée au salon de Genève 1966 au côté de la flamboyante Miura à moteur central, qui elle, était le fer de lance d'une nouvelle lignée chez Lamborghini, celle des « super car » à moteur central ! Revenons donc à la 400GT 2+2 qui sera d'abord carrossé par Touring qui s'était chargé de cette tâche jusqu'ici pour Lamborghini. Mais en 1967, à la suite de leur faillite, le carrossier Touring sera remplacé par celui du carrossier Marazzi. La 400GT 2+2 sera construite jusqu'en 1968 pour un total de quatre années modèles, soit de 1966, 1967, 1968, 1969. Un total de 224 unités aura été produit.


Lamborghini Islero

L’année 1968 est marquante pour la lignée Grand Tourisme V12 avant et propulsion. L’arrivée de la toute nouvelle Lamborghini Islero. Le nom Islero fait référence au Taureau ayant tué dans l’arène en 1947 un célèbre matador du nom de Manolete. Se distinguant de ses prédécesseuses par son tout nouveau design (personnellement je trouve que c’est la plus belle de la lignée…), l’Islero aura été disponible pour les années modèles 1968, 1969 et 1970. Deux modèles auront été offerts : l’Islero 400 GT 2+2 et ensuite, l’Islero 400 GTS 2+2. La version 400 GTS était une évolution plus performante et mieux finie que la 400 GT, ayant comme but de mousser les ventes quelque peu avant de laisser sa place et son héritage à la nouvelle progéniture en route… Cette dernière mouture de l’Islero bénéficiait d’un taux de compression plus élevée lui offrant 350 chevaux contre les 320 du moteur original de la 400 GT.  La production s’élève à 125 exemplaires pour la GT et 100 exemplaires pour la GTS pour un total de 225 Islero. Dérivé bien sûr directement de la 400 GT 2+2, l’Islero perpétue la lignée en offrant du grand tourisme dans le luxe. Une autre branche est créée par Lamborghini, soit celle du grand tourisme avec un côté « familiale », représenté par l’Espada, offrant 4 véritables places. Celle-ci est aussi dérivée de la 400 GT 2+2, mais aussi de la sublime Miura, une super sportive à moteur central, une des plus belles voitures jamais conçues! Mais L’Espada et la Miura représentent des lignées différentes à celle dont il est question dans cette chronique… Revenons donc à nos moutons, avec l’Islero bientôt remplacée par la dernière représentante de la lignée, la Lamborghini Jarama.


Lamborghini Jarama

Dernière héritière de la lignée, la Lamborghini Jarama sera celle qui perdurera le plus longtemps, soit de 1970 à 1976 (possiblement jusqu’en 1978). C’est ce qui explique aussi son titre de plus d’exemplaires produits avec un total de 328 unités. La Jarama tire sa plateforme et son inspiration de l’Espada, qui connut un bon succès comparativement à l’Islero. Malgré cela, la Jarama demeure dans l’ADN de l’Islero et descend directement de la lignée des voitures grand tourisme moteur avant V12 et propulsion. Le nom Jarama est tiré d’une race de taureau du même nom. Toujours offertes avec deux petites places arrière à un prix moindre que la « familiale » Espada. La Jarama a un design, surtout au niveau des ailes et du becquet de toit, qui s’inspire du prototype de la Fiat 128 Bertone. Ces attributs seront d’ailleurs repris sur l’Innocenti Bertone en 1974. C’est aussi le carrossier Bertone qui s’occupe du design (Marcello Gandini) et qui fabrique le châssis tandis que Marazzi a le mandat de l’assemblage final. Les mêmes versions qui étaient offertes par l’Islero sont reconduites, portant la gamme à deux modèles: la Jarama 400 GT 2+2 et la Jarama 400 GTS 2+2. À cela s’ajoute la Rally S, unique prototype. De 1970 à 1973, la Jarama et son moteur V12 de 4 litres s’en tiraient avec 350 chevaux (même puissance que l’Islero 400 GTS). Au cours de l’année 1973, dans sa livrée évolutive 400 GTS, la Jarama majore sa cavalerie à 365 chevaux. Un total de 176 unités de la version 400 GT 2+2 seront produites contre 152 pour la 400 GTS 2+2.

 

La fin de la première lignée

Comme déjà mentionnée, la Lamborghini Jarama met fin à la première lignée de la famille, celle des grand tourisme V12 avant et propulsion. Comme nous pouvons le remarquer, durant les 13 années de celles-ci, 5 séries de voitures se sont succédé. Nous pouvons aussi remarquer que durant cette succession, quelques-unes se sont aussi côtoyées. La raison est la suivante, les nouvelles séries étaient souvent mises en production à la fin d’une année de calendrier (par exemple octobre 1966) et donc les premières unités étaient des années modèles 1966. La série sortante était pendant ce temps achevé de produite en novembre 1966 et millésimé 1967. C’est un exemple qui peut expliquer les croisements. Sinon Lamborghini pouvait aussi prendre la décision de produire deux séries parallèlement pour un court laps de temps. La lignée que nous venons d’explorer est moins bien connue que celle des grandes sportives à moteur central (Miura, Countach, Diablo, Murcielago etc), d’autres dignes héritières…

 

Lamborghini 350 GT = 1964 à 1967, 120 unités



Lamborghini 400 GT = 1966-1967, 23 unités




        Lamborghini 400 GT 2+2 = 1966 à 1969, 224 unités



      Lamborghini Islero = 1968 à 1970, 225 unités



Lamborghini Jarama = 1970 à 1976, 328 unités




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