Le Canada et son industrie
N’ayant aucun constructeur généraliste/populaire de grand marché national, le Canada est un des rares pays ne possédant pas de marques locales, mais étant quand même bien positionné au niveau mondial. En effet, chaque année, celui-ci bataille pour terminer dans le top 10 des pays ayant la plus grosse production mondiale. En 2023, c’est au onzième rang que le Canada se positionna.
Le marché canadien en général n’est pas très imposant avec aux alentours de 1 500 000 voitures vendues chaque année. Cependant, l’industrie elle-même est très bien développée, assumant son 11e rang mondial de fabricant automobile. Outre les milliers de concessionnaires, les centaines de fabricants de pièces détachées et les centaines de milliers d’emplois liés à l’automobile, ce sont les usines canadiennes qui font du pays un important joueur dans le monde. De nombreux équipementiers d’importance, dont l’un sinon le plus gros au monde, Magna, font du pays un chef de file en la matière. De nombreuses usines d’assemblage se sont installées durant le dernier siècle. Aujourd’hui encore, le Canada compte plusieurs usines concentrées dans la province de l’Ontario. Chevrolet, Chrysler, Ford, Honda et Toyota possèdent des usines au Canada. Sans compter la filière batterie qui tend à prendre beaucoup de place et expertiser le pays.
Sur le marché, plusieurs marques de partout dans le monde sont vendues au Canada. On y retrouve plus d’une quarantaine de marques. Bien-sûr, les États-Unis exercent une grande influence sur le marché canadien. D’ailleurs, la présence des grands constructeurs américains a joué un rôle sur le fait que les marques canadiennes n’aient pas réussi à s’imposer. Au début du 20e siècle, plusieurs constructeurs étaient présents, mais le temps et les Américains auront eu raison d’eux. On peut penser par exemple à McLaughlin, réputé manufacturier canadien, qui construisait des Buick canadiennes, très populaires à l’époque. Notons les plus populaires (pas pour les bonnes raisons) les défuntes Bricklin SV1 et Manic GT, fabriqués respectivement au Nouveau-Brunswick et au Québec.
Si les constructeurs américains ont mis des bâtons dans les roues aux marques canadiennes essayant de prendre forme, ils ont fait leur part en créant des marques destinées au marché canadien. Ces voitures étant fabriquées et vendues au Canada, découlant de Chrysler, Ford et GM sont véritablement des marques canadiennes. En voici quelques-unes : Monarch, Acadian, Frontenac, Beaumont, Meteor, Asuna, Envoy, Valiant etc…
Malheureusement, toutes ces marques automobiles sont disparues aujourd’hui. Aucune d’elles, que ce soit aux balbutiements de l’automobile jusqu’à tout dernièrement, n’aura été en mesure de connaitre une existence solvable. Aujourd’hui, mis à part les nombreux équipementiers et usines d’assemblage, on peut quand même découvrir des marques et modèles canadiens. Ce n’est bien-sûr pas des constructeurs populaires, mais plutôt des artisans, des « second manufacturer », ou bien des préparateurs.
En voici quelques-uns toujours actifs : Allard Motor Works (qui a ressuscité la fameuse Allard J2X britannique, Anibal Automotive, HTT (la Pléthore qui est un supercar) et Felino Cars (aussi un supercar). Il y a aussi l’entreprise Prototype Research and Development qui construisent certains modèles de voitures à des fins cinématographiques. La Start-up Maple Majestic tenterait toujours de mettre en marché une voiture électrique prometteuse. Le projet Arrow connait une deuxième version tandis que l’entreprise Tri-Stars Industrie agit en tant que second manufacturier en adaptant des voitures pour les services d’urgence. On peut aussi inclure la marque Campagna qui fabrique deux véhicules de la catégorie « Trois-roues côte à côte », le T-Rex RR et le V13 R, toutes deux concurrents directs au produit américain de Polaris, le Slingshot.
D’ailleurs, le préparateur Anibal Automotive, se spéciale dans la fabrication et l’installation de kit pour des modèles Porsche et pour le Campagna T-Rex. Le résultat est spectaculaire avec son habitacle complètement fermé, le tout donnant une véritable voiture grand sport à trois roues. Et tout ça 100 % Québécois ! Anibal planche sur un super projet de conception d’un supercar. Espérons que ça se concrétise. Les véhicules à trois roues, plus précisément les Campagna et Slingshot, ainsi probablement que le futur trois roues de la marque américaine Vanderhall, demande un permis de classe 5/classe G (classe automobile), et sont catégorisé dans leur propre segment de trois-roues côte à côte.
L’industrie automobile du Canada se porte donc très bien, faisait partie du top 12 mondial. Bien que son voisin exerce une influence et un impact direct sur celui-ci, on peut croire qu’avec l’électrification des transports, le marché canadien a une véritable chance de progresser davantage et d’atteindre des niveaux jamais atteints. Pour ce qui est d’une marque canadienne populaire, ça demeure un défi très difficile et il serait surprenant qu’un jour ça puisse arriver. Les citoyens peuvent quand même se réjouir de la présence d’importants équipementiers, des nombreuses usines d’assemblage et de services, ainsi que les artisans et marques spécialisés. Il sera donc très intéressant de voir comment le marché canadien saura se positionner durant les prochaines années et de voir l’évolution de ces produits locale… Le mois prochain en complément de cette chronique, la rubrique « Les belles du monde » vous fera découvrir une rare canadienne, aujourd’hui recherché par les collectionneurs et qui laisse comme héritage une très belle (et brève) histoire…
À suivre

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